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Capri, c’est fini. Paris, Dublin et Luxembourg aussi ?

CFA Institute, l’association internationale des professionnels de l’investissement, regroupe 135000 membres dans le monde entier (avertissement : j’en suis).

Elle envoie à ses adhérents une excellente lettre d’information quotidienne, Financial Newsbrief, via laquelle elle effectue un sondage hebdomadaire.

Celui de la semaine dernière s’intéressait aux conséquences du Brexit sur l’attractivité de la place financière de Londres.

Voici la question posée mercredi 29 juin : parmi les places financières globales ci-dessous, laquelle va le plus gagner en influence et en compétitivité suite au Brexit ?

Quelle place financière va le plus bénéficier des conséquences du Brexit au détriment de Londres ?
Quelle place financière va le plus bénéficier des conséquences du Brexit au détriment de Londres ?

 

Et voici les réponses des membres ayant participé au sondage, publiées vendredi 1er juillet : Frankfurt über alles, puisque 48% des répondants considèrent que c’est le siège de la BCE qui va bénéficier le plus du Brexit.

Pour 18% des répondants, le statut de Londres ne souffrira pas du Brexit.

New York est choisie par 16% des répondants et Zürich par 6% d’entre eux.

Résultats du sondage (1175 répondants)
Résultats du sondage (1175 répondants)

 

Encore plus intéressant que les réponses à mon avis, la liste des villes proposées : à part Francfort, aucune d’entre elles n’est dans la zone euro, et Zürich est le seul autre choix européen.

En encore plus intéressant que la liste des villes proposées, celles des villes de la zone euro omises : Paris, Dublin et Luxembourg, toutes les 3 susceptibles de bénéficier du Brexit à différents titres.

Dublin et Luxembourg sont d’importants centres de domiciliation de fonds d’investissement distribués à l’international, mais il s’agit d’une niche au sein des services financiers.

Paris a de nombreuses qualités (on y trouve les sièges sociaux de très importantes institutions – banques et compagnies d’assurance – et une importante industrie de la gestion d’actifs)  mais souffre vraisemblablement dans l’esprit des rédacteurs du sondage ayant établi la liste des places financières retenues de plusieurs handicaps : l’hostilité traditionnelle du pouvoir politique au secteur de la finance d’une part, et une fiscalité nettement moins favorable aux hauts revenus qu’à Londres d’autre part.

Malgré les appels du pied des autorités politiques, qu’il s’agisse du gouvernement (voir ici l’analyse par L’Agefi des annonces de Manuel Valls lors du forum Paris Europlace et l’entretien avec Gérard Mestrallet, Président de Paris Europlace) ou de la région Ile-de-France, et la mobilisation de la place financière, il est à craindre que ces obstacles soient rédhibitoires quand les institutions financières concernées devront relocaliser certaines activités ou certains collaborateurs hors du Royaume-Uni.

Les lecteurs trouveront une bonne synthèse des enjeux du Brexit pour la City de Londres dans deux récents posts de Dirk Schoenmaker du think-tank Bruegel : le premier s’intéresse à la banque et à l’assurance, le second aux services bancaires pour les professionnels et au trading cash et dérivés.

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