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Ma Semaine Twitter #39

Voilà de nouveau une semaine écoulée. Elle a été lyonnaise pour moi, avec les 2 jours annuels et incontournables de Patrimonia, la convention des professionnels de la gestion de patrimoine. Voici le meilleur de ma semaine Twitter 39.

Une taxe sur la gestion passive

il faudra un jour taxer la gestion passive. Qui a émit cette idée assez provocatrice ? Jean-Luc Mélenchon ? Bernie Sanders ? Jeremy Corbyn ?

Non : Steve Johnson, journaliste au Financial Times. Quel est son raisonnement ?

Parce que la gestion active, en contribuant à l’allocation des capitaux aux meilleures entreprises, oeuvre pour l’intérêt général : c’est donc un bien public. Oui, un bien public, comme l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons.

La gestion passive croît de manière fulgurante aux dépens de la gestion active depuis des années (voir ici et ici). Elle ne contribue pas à l’allocation des capitaux aux meilleures entreprises.

Donc, quand la gestion passive sera dominante, elle devra(it) être taxée pour subventionner indirectement la gestion active.

La logique est celle de la taxe dite de solidarité sur les billets d’avion mise en place notamment en France pour financer l’organisation Unitaid. Si ce n’est que l’idée vient du Financial Times, dont les repères en matière d’économie sont assez éloignés de ceux qui ont inspiré la mise en place de la taxe.

Suggestions de nom : taxe de solidarité au profit de la gestion active ? Taxe de solidarité au profit des gérants actifs ? Vos suggestions sont les bienvenues.

Mon opinion : une très mauvaise étrange idée.

La réaction de Tyler Hogge, qui travaille chez Wealthfront, un robo-advisor utilisant des produits de gestion passive : « ah, c’est hilarant ». En effet.

 

La gestion passive, source de risques systémiques ?

Dans le cahier FTfm du lundi consacré à la gestion d’actifs, j’ai lu avec attention l’entretien avec Saker Nusseibeh, le patron d’Hermes Investment Management, un gérant actif du Royaume-Uni.

Selon Nusseibeh, la plus grande part des actifs est investie en fonds indiciels et c’est un désastre.

Pis encore, dans sa forme actuelle, la gestion passive menace gravement la stabilité du système financier.

Diantre.

J’aurais aimé lire quelques précisions sur la nature de cette menace dans l’entretien pour y voir plus clair. Ce sera pour une autre fois.

Par ailleurs, la plus grande part des actifs dans le monde est investie dans des fonds gérés activement.

Il est plus que légitime que les gérants actifs défendent leur approche, mais il serait à mon avis préférable d’utiliser pour cela des arguments vérifiables plutôt que d’avoir recours à des formules à l’emporte-pièce.

J’en profite pour rappeler une des règles de bases de Twitter :  retweeter ne signifie pas que l’on est d’accord avec l’opinion véhiculée par le tweet que l’on relaie ou par l’article vers lequel le tweet renvoie.

Du rififi à Dallas

On connaît les paniques bancaires (« bank run ») : des rumeurs sur la mauvaise santé présumée d’une institution bancaire conduisent ses clients à retirer leurs dépôts en faisant la queue devant leur agence, aggravant ainsi la situation de la banque.

Apparemment, le même type de phénomène peut se produire chez certains fonds de pension, comme le montre le papier (en anglais) de Megan McArdle, éditorialiste de Bloomberg View, consacré aux déboires du fonds de pension des pompiers et des policiers de la ville de Dallas (lien dans le tweet ci-dessus).

Produits de retraite en Europe : la Bérézina

Selon son site internet, « Better Finance, la Fédération européenne des usagers des services financiers est une organisation internationale d’intérêt public qui représente et défend à l’échelon européen les intérêts des utilisateurs de services financiers auprès des autorités européennes ».

Better Finance a publié la semaine dernière un passionnant et consternant rapport sur l’état des produits de retraite en Europe, en compilant des données multiples dans plusieurs pays européens (représentant 86% de la population de l’union européenne) et en essayant de calculer la performance des différents produits de retraite entre 2000 et 2015.

Résultats affligeants de cette étude remarquable et unique à ce jour : les produits d’épargne sont loin d’avoir délivré les performances des marchés financiers sur la durée étudiée. Pis encore, dans de trop nombreux cas, la performance moyenne obtenue est négative quand on tient compte des frais, de l’inflation et des taxes et impôts quand il y en a.

Better Finance a analysé les résultats de l’assurance vie en France, ce produit faisant en effet, dans de nombreux cas, office de produit de retraite, en l’absence de fonds de pension.

Pour le fonds en euro, le rendement réel moyen annualisé (après inflation) s’est élevé à 1,33% sur la période.

Pour les unités de compte (les fonds, plus risqués et potentiellement plus rémunérateurs selon le type de fonds), il s’est élevé à -0,77%. Ce qui veut dire, qu’en moyenne, les assurés ont perdu de l’argent avec les unités de compte sur cette période de 16%.

Résultats tout aussi mauvais pour l’épargne entreprise : on est à 0,7% tous produits confondus (« all funds » dans le tweet ci-dessous), -0,4% pour les fonds actions (« equity », 1,6% pour les fonds obligataires (« bond »), 0% sur les fonds monétaires (« money market ») et 0,7% pour les fonds diversifiés. Le risque n’a pas payé, puisque les actions ont moins rapporté que les obligations.

Ces résultats sont exécrables et doivent inciter à se poser deux grands types de question :

1. les frais sont-ils à un niveau permettant un juste partage des résultats de la gestion financière entre le client final et les différents intervenants (gérant, assureur, distributeur) ?

2. Le conseil en allocation d’actifs est-il à la hauteur ?

Mieux que James Bond, Goldman Sachs et la Libye

Que se passe-t-il quand un fonds souverain très riche et très peu sophistiqué (celui de la Libye de Kadhafi) fait affaire avec Goldman Sachs, une des institutions financières les plus sophistiquées au monde ? Une perte de 1,2 milliard de dollars pour le fonds souverain, et, selon certaines sources, un profit de plus de 200 millions de dollars pour Goldman Sachs.

Parmi les enseignements de cette triste affaire : n’achetez jamais un produit d’investissement que vous ne comprenez pas.

Ne criez pas haro sur les indices capi-pondérés

Les indices capi-pondérés sont décriés par tous les fournisseurs de produits Smart Beta, qui prétendent savoir construire des indices plus performants.

MSCI, le principal fournisseur d’indices au monde (tant traditionnels que smart beta d’ailleurs), a défendu les indices capi-pondérés dans un post récent. Les arguments sont simples, lisez.

L’éducation financière, c’est important

Larry Swedroe est directeur de la recherche de the BAM Alliance (qui se décrit comme une communauté de conseillers financiers indépendants) aux Etats-Unis. Il intervient régulièrement sur le site www.etf.com, consacré aux ETF.

Dans un post récent, il est revenu sur les enseignements de nombreuses études académiques sur les programmes d’éducation financière.

Parmi ces enseignements, celui-ci m’a particulièrement intéressé : plus le niveau d’éducation financière est élevé, plus la personne est encline à rechercher les services d’un professionnel de la gestion de patrimoine. Intéressant non ?

Bon évidemment, l’éducation financière, tout le monde est d’accord pour dire qu’il en faut, mais personne n’est prêt à la financer.

Dans la mesure où, idéologiquement, le système scolaire français ne semble pas tout à fait mûr pour intégrer cette thématique dans son curriculum, il me semble qu’il incombe aux professionnels de la finance (banques, compagnies d’assurance, conseillers financiers indépendants) de se saisir de cette responsabilité.

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