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Ma Semaine Twitter #2 de 2018

« Il y a un euro sur votre carte, qu’est-ce qu’on fait ? » La question piège. Il y a du monde derrière vous à la caisse, il faut répondre tout de suite à la question pour ne pas risquer l’émeute. La « bonne » réponse est évidente quand on a un peu réfléchi au problème : « déduisez cette somme du total ». Ce n’est pas comme si l’enseigne où vous faites vos courses investissait pour vous en bitcoin la somme accumulée sur votre carte de fidélité.

« Oh, laissez-le sur la carte ». Et buvez-le à ma santé. Répété quelques centaines de fois par jour, ça finit par faire des sommes importantes que votre enseigne préférée nous doit mais que nous avons la gentillesse de ne pas lui demander tout de suite. 

Pourquoi cette générosité surprenante ? En toute bonne logique, nous devrions être ravis de payer moins tout de suite. Mais voilà, contrairement à ce que considèrent la plupart des modèles économiques, nous ne sommes pas des « Econs », juste des être humains faillibles, qui, dans certaines circonstances, prennent des décisions sous-optimales.

L’Econ, c’est cette fiction inventée de toute pièce par la théorie économique dominante depuis les années 1950. L’Econ est rationnel, maximise en permanence des fonctions d’utilité (j’ai essayé d’en maximiser une en me rasant ce matin, je n’y suis pas arrivé et je me suis coupé) et ne subit aucune friction.

En matière de placements, nous sommes aussi plus humains qu’Econs.

On n’est pas les seuls à être faillibles et à avoir des comportements sous-optimaux, voire irrationnels : la semaine dernière a encore été un festival grâce au génie auto-proclamé qui occupe la Maison Blanche. Le magazine allemand Der Spiegel a mis en couverture une illustration qui vaut tous les éditoriaux du monde.

Ah, et Nabilla s’est transformée en experte ès crypto-monnaies. N’écoutant que son courage, l’AMF lui a fait la leçon. Personnellement, je pencherais plus du côté de l’AMF que du côté de « l’ex-star de la téléréalité ».

Plus sérieusement, j’avais manqué cette information cruciale, qui a injustement pâti de l’escarmouche entre l’AMF et Nabilla (86 réponses, 296 retweets et 1575 likes quand même).

Il y a aux Etats-Unis un ETF Quincy Jones. Je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas en France un ETF Nabilla. Qui se/le lance ? Amundi ? Theam ? Fortes fortuna juvat.

Bienvenue à toutes et à tous dans ma semaine Twitter 2 de 2018. Et n’oubliez pas qu’au pluriel, marché prend un s.

6000 milliards de dollars au soleil

Henri Verneuil jouait assez petit bras en 1964 avec son film Cent mille dollars au soleil.

Aujourd’hui, avec 100 000 dollars tu ne peux même pas créer une société de gestion en France. Mais si tu gères plus de 6000 milliards de dollars, alors tu es le plus gros gérant d’actifs au monde. Et tu t’appelles BlackRock.

BlackRock, société cotée aux Etats-Unis, a connu une année 2017 record, comme Vanguard, le numéro deux (voir ici).

Quelques chiffres, pas encore audités.

  • Collecte nette 2017 : 367 milliards de dollars (environ 300 milliards d’euros au taux de change du jour), contre 202 milliards en 2016.
  • Dont collecte sur les ETF iShares : 245 milliards de dollars.
  • Marge d’exploitation : 42,2% (c’est énorme).
  • Au 31/12/2017, la gestion active représentait 27% des actifs totaux (soit 1696 milliards de dollars) et 47% du chiffre d’affaires, l’activité indicielle 66% des actifs totaux (soit 4140 milliards de dollars) et 48% du chiffre d’affaires
  • Les problèmes de la gestion active actions ne sont pas résolus, la décollecte nette s’étant élevée en 2017 à 18,5 milliards de dollars.
  • Chiffre d’affaires 2017 en hausse de 12% (12,491 milliards de dollars), résultat d’exploitation en hausse de 15%, résultat net par action en hausse de 59% en tenant compte des effets de la réforme fiscale votée aux Etats-Unis (et de 17% hors effet de la réforme fiscale).
  • Et pour illustrer mon propos de la semaine dernière sur le merveilleux modèle de la gestion d’actifs quand la marée des marchés est montante : hors monétaire, les encours de BlackRock sont passés de 4741 milliards de dollars au 31 décembre 2016 à 5836 milliards au 31 décembre 2016. La collecte nette a représenté 330 milliards, l’effet positif de la hausse des marchés près de 628 milliards. Je répète : 628 milliards de dollars. Sans rien faire.

Et comme l’a remarqué Sabrina Willmer de l’agence Bloomberg, BlackRock a franchi le seuil des 6000 milliards de dollars sous gestion durant le dernière trimestre 2017 (en incluant le monétaire).

Vanguard, ou le changement dans la continuité

En 2016, vous n’avez pas échappé à Vanguard sur ce blog. En 2017 non plus. Je n’aime pas beaucoup les prévisions, mais je peux en faire une que je tiendrai :  il en sera encore souvent question en 2018. Je rappelle que Vanguard appartient aux fonds que la société gère, lesquels appartiennent aux épargnants qui les ont acheté. C’est donc une structure de type mutualiste, qui n’a pas à rémunérer d’actionnaires.

Vanguard vient de changer de dirigeant. Depuis sa création en 1975, la société en avait connu 3 : l’iconique fondateur Jack Bogle, toujours très présent dans le débat d’idées sur la gestion indicielle, Jack Brennan et Bill McNabb. Tim Buckley est donc le 4ème. Il connaît bien la maison dans laquelle il a fait toute sa carrière depuis 26 ans.

Il s’est exprimé dès sa prise de fonction sur le blog maison et a également répondu aux questions de Matt Hougan d’ETF.com. Morceaux choisis.

Alors que Vanguard gère 5 trillions de dollars (à savoir 5000 milliards), Buckley rappelle que la génération de cash flow n’est pas une fin en soi. La croissance des encours a certes été spectaculaire ces dernières années, mais Buckley estime que Vanguard l’a bien gérée, en rendant les économies d’échelle réalisées aux clients, qui sont également les propriétaires de Vanguard, via des baisses de frais de gestion.

Buckley insiste que les frais bas sont une des conditions du succès en matière de placements et promet que Vanguard continuera de baisser les frais de gestion. Il rappelle quelques autres conditions de succès quand on investit sur longue durée : épargner plus, être diversifié et discipliné, et minimiser les taxes.

Quand on lui demande si les critiques reprochant à l’indiciel d’être devenu trop gros sont fondées, il répond en se demandant si l’indiciel n’est pas au contraire encore trop petit. 

Buckley rappelle les succès de Vanguard hors des Etats-Unis : au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et en Asie du Sud Est notamment. Pour lui, la proposition de valeur de Vanguard n’a pas de frontières et la société continuera à s’implanter sélectivement sur de nouveaux marchés, en promouvant avant tout sa gamme d’ETF.

Enfin, Buckley affirme sa confiance dans l’avenir du conseil financier, dès lors que les conseillers utilisent les technologies appropriées, utilisent le bon modèle d’affaires et savent clairement expliquer à leurs clients la valeur de leurs services.

Mort d’un commis voyageur de l’analyste sell side

Le Financial Times est encore souvent perçu en France comme un bastion du capitalisme financier ultra-libéral « à l’anglo-saxonne ». La réalité est bien plus nuancée. Le Financial Times, c’est avant tout une rédaction composée de journalistes souvent remarquables.

(Anti-)Démonstration avec cet excellent article de Robert Armstrong, sur la mort de l’analyste sell side, que personne ne regrettera (« The unmourned death of the sellside analyst »).

La directive MIF 2 impose aux société de gestion de valoriser la recherche qu’elles achètent en externe. Elles peuvent absorber le coût de cette recherche elles-mêmes ou la faire payer à leurs clients. Auparavant, cette recherche était « donnée » par les prestataires externes. En contrepartie, les sociétés de gestion utilisaient lesdits prestataires pour acheter et vendre les titres, et rémunéraient ainsi une prestation (la recherche) en frais de courtage (payés par les fonds, donc par les clients finaux).

La régulation a mis fin à ce tour de passe-passe absolument honteux et à ce jour, la plupart des grandes sociétés de gestion ont annoncé qu’elles absorberaient le coût de la recherche externe.

Cette recherche externe est produite par les analystes financiers de ce qu’on appelle en bon français le « sellside », par opposition aux gérants d’actifs qui sont le « buyside ». Le gros des effectifs est employé par les grandes banques d’investissement (JPMorgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, etc.) qui pourront subventionner le coût de la recherche grâce à leurs lucratives activités de placement sur les marchés primaires (actions ou obligataires), pour lequelles elles ont de toute façon besoin d’analyse financière.

Selon Armstrong, MIF 2 et la montée en puissance des investisseurs non discrétionnaires (stratégies quantitatives et roboadvisors) signent l’arrêt de mort de l’analyste sellside. En tout cas, celui qui travaille pour des institutions de taille moyenne, qu’Armstrong appelle Julian dans son article.

Conclusion d’Armstrong, ce suppôt du capitalisme libéral anglo-saxon le plus débridé (ma traduction) :

Si MIF 2 force les banques à maigrir, ce sera au final une bonne chose pour les investisseurs et pour l’économie. (…) De nombreuses personnes intelligentes étaient très bien payées pour un travail assez peu productif. (…) Elles pourront être plus utilement employées ailleurs. (…) Mais la transition sera douloureuse. Dans les grandes places financières, les salaires très confortables de la finance tirent les prix de l’immobilier vers le haut et remplissent les restaurants. Julian va devoir mettre sa maison en vente et ses enfants devront changer d’école et passer du privé au public. Mais avec le temps, Julian – et Londres – devraient s’en remettre. Son travail était épuisant, les horaires démentiels et les voyages incessants, et ne créant rien ayant une valeur durable au-delà d’un salaire confortable. Julian pourrait bien devenir une personne plus heureuse, et Londres une ville plus heureuse, une fois qu’il sera passé à autre chose. 

CFD, piège à **** ?

Les CFD (Contract for Difference) « sont des instruments financiers dérivés non réglementés qui permettent de réaliser des profits indexés sur la variation à la hausse (comme à la baisse) du cours du sous-jacent » (source : Wikipedia). L’AMF les classifie parmi les produits complexes et avertit à leur sujet sur son site (c’est moi qui souligne en gras) :

Les CFD sont des produits très risqués.
Ils s’utilisent sur une ou plusieurs journées. Ils ne répondent aucunement à des besoins d’investissement de moyen ou long terme.
Si vous souhaitez investir en CFD, n’y investissez que si vous avez pleinement conscience des risques attachés à ce produit et n’y consacrez qu’une petite partie de votre épargne.
Enfin, vérifiez que le site internet qui vous propose des CFD est bien autorisé en France. Pour cela, consultez le site REGAFI (registre des agents financiers).

Je pense que les CFD dont des armes de destruction massive pour une clientèle non avertie. Ces produits exposent en effet les investisseurs à un risque de perte supérieure aux montants investis et n’enrichissent généralement que leurs concepteurs et leurs distributeurs.

L’homologue de l’AMF au Royaume-Uni, la FCA, a étudié la façon dont les CFD étaient commercialisés auprès des investisseurs non professionnels  par les émetteurs de produits et les intermédiaires. Ses conclusions font froid dans le dos.

La FCA a analysé 19 fournisseurs de CFD et 15 sociétés commercialisant leurs produits auprès d’une clientèle de particuliers.

  • La plupart de ces entités ont été incapables d’expliquer de donner une définition satisfaisante de leur marché cible, ni d’expliquer comment ils s’assuraient que les CFD étaient alignés avec les besoins de ce marché cible.
  • La majorité (76%) des clients privés ayant acheté des CFD ont perdu de l’argent durant les 12 mois de l’étude (juillet 2015 à juin 2016).
  • La FCA a identifié de nombreux problèmes liés aux pratiques des fournisseurs de CFD vis-à-vis de leurs distributeurs en matière de communication, de suivi et de questionnement. Nombre de ses pratiques n’étaient pas effectives et n’étaient pas à la hauteur des attentes de la FCA.
  • La plupart des fournisseurs de CFD avaient un processus déficient de vérification préalable des distributeurs potentiels.
  • Les politiques de gestion des conflits d’intérêts de tous les distributeurs analysés par la FCA étaient ineffectives ou devaient être améliorées
  • La qualité des pratiques en matière de rémunération chez les distributeurs de CFD était variable. Elle était bonne chez certains, mais pour de nombreuses sociétés, elle avait un fort potentiel d’amélioration.
  • Plusieurs distributeurs avaient des problèmes de process et avec les critères utilisés classifier les clients dans la catégorie des contreparties éligibles aux CFD.

Si vous n’êtes pas un trader professionnel, ne touchez pas aux CFD, vous n’enrichirez que les intermédiaires.

Le conseiller conseille, le vendeur vend

CFA Institute est l’association des professionnels de l’investissement détenteurs de la certification CFA.  Plus de 155000 personnes en sont membres (j’en suis membre).

Il existe aux Etats-Unis deux types de standards régissant les relations entre les intermédiaires financiers et leurs clients : le standard fiduciaire (« fiduciary standard », qui impose de placer les intérêts du client au-dessus de ceux de l’intermédiaire), et un standard moins exigeant, qui impose de s’assurer que les produits vendus aux clients sont adéquats (mais pas nécessairement dans son meilleur intérêt). En anglais, c’est le « suitability standard ».

Ce « suitability standard » s’applique aux courtiers (broker-dealers), qui sont très nombreux (634 708 à fin novembre 2017 d’après le site de la FINRA – qui est leur instance de régulation – consulté le 16 janvier 2018).

Le standard fiduciaire s’applique aux registered investment advisors (RIA), qui sont beaucoup moins nombreux : 12172 en juillet 2017 (source : Statista, site consulté le 16 janvier 2018).  

Le Department of Labor (Ministère du Travail), qui a juridiction sur les fonds de pension aux Etats-Unis, avait imposé à l’époque de l’administration Obama à tous les distributeurs de produits de préparation à la retraite de se placer sous le standard fiduciaire. Les broker-dealers étaient bien entendu vent debout contre la mesure, qui allait les priver de très lucratives commissions sur ce segment. La plupart des grands acteurs avaient fini par s’adapter à la future nouvelle donne en supprimant les commissions, en créant un système d’honoraires ad valorem et en référençant des parts de fonds dites « clean » (sans rétrocessions). L’administration Trump n’a pas pu supprimer cette mesure mais fait pour en retarder l’application.

Coup de tonnerre récemment quand le nouveau Chairman de la SEC, Jay Clayton, a annoncé qu’il envisageait d’imposer le standard fiduciaire à tous les intervenants du marché, qu’ils soient broker-dealers ou RIA, et ce quels que soient les produits, en créant un standard uniforme.

Les partisans du standard fiduciaire du DOL craignent que le standard proposé par la SEC ne soit pas assez exigeant, et les adversaires du standard fiduciaire du DOL craignent que le standard de la SEC le soit trop.

C’est dans ce contexte que CFA Institute a écrit à la SEC (la lettre est ici). CFA Institute rappelle être depuis longtemps en faveur d’un standard fiduciaire uniforme s’imposant à toute entité et toute personne dispensant un conseil financier personnalisé. Il demande à la SEC de clarifier la définion du terme « investment adviser » afin qu’elle inclue toute personne fournissant du conseil financier personnalisé. Tout « investment adviser » serait soumis au standard fiduciaire de la loi de 1940 (Investment Advisers Act of 1940), celui auquel sont déjà soumis les RIA aujourd’hui.

CFA Institute demande également que les personnes se livrant au conseil financier à titre accessoire (« incidental »), à savoir notamment les broker-dealers, n’aient plus le droit d’utiliser le terme « adviser » ou « advisor » (« conseiller ») dans leur titre (par exemple « financial advisor »).

Enfin, CFA Institute recommande que la SEC, en coordination avec la FINRA, impose aux broker-dealers de communiquer de façon claire, visible, consistante, complète et permanente à leurs clients qu’ils (les broker-dealers) sont des agents de la société de courtage qui les emploie et qu’ils ne représentent pas les intérêts de leurs clients privés.

Je suis tout à fait d’accord avec cette approche. Le terme de « conseiller » (qu’il soit « financier » ou « en gestion de patrimoine ») devrait être réservé aux mandataires du client, pas aux agents du fournisseur. Je rappelle que le standard fiduciaire tel qu’il est décrit ici n’existe pas en France. Les distributeurs de produits financiers auprès du grand public doivent s’assurer que les produits distribués sont en adéquation avec le profil de risque du client. Ils sont donc soumis à un standard similaire au « suitability standard » des broker-dealers aux Etats-Unis.

Je ne sais pas si les régulateurs français (l’AMF et l’ACPR) s’interrogent sur la perception qu’ont les clients privés du terme « conseiller », mais ça pourrait être une bonne idée de le faire. Pour moi, un conseiller financier/en gestion de patrimoine, c’est quelqu’un que vous payez pour qu’il.elle vous donne des conseils, pas quelqu’un qui est payé par les fournisseurs de produits pour vous vendre lesdits produits.

L’excellentissime Matt Levine de l’agence Bloomberg le dit bien mieux que moi.

Dis, combien ça coûte ?

Le même CFA Institute est très actif dans la production de codes de conduite pour différentes populations : ses propres membres, qui s’engagent tous les ans, quand ils renouvellent leur adhésion, à respecter le code d’éthique et les standards de conduite professionnelle internes ; les sociétés de gestion, qui sont de plus en plus nombreuses à adopter l’Asset Manager Code ; les gérants de mandats qui appliquent les standards GIPS (Global Investment Performance Standards) de mesure et de présentation de la performance.

Dernier maillon, essentiel et souvent négligé de l’éco-système, les particuliers, pour lesquels CFA Institute a rédigé une Déclaration des Droits de l’Investisseur consultable ici en français.

Il y est dit qu’une personne utilisant les services d’un professionnel des services financiers est en droit d’attendre « une explication de l’ensemble des frais et des coûts à [s]a charge, ainsi que la justification du caractère équitable et raisonnable de ces dépenses ».

CFA Institute fait la liste des questions qu’un client doit se poser au sujet de son intermédiaire (conseiller ? vendeur ? voir ci-dessus).

  • Avez-vos compris la structure des frais, leur impact sur votre portefeuille, et leur alignement avec vos intérêts ?
  • Est-ce que les frais sont appropriés pour le niveau de service que vous recevez ou recevrez dans le futur ?
  • Est-ce que vos fournisseurs de service sont rémunérés pour vous vendre des produits ou des services [sous-entendu : par d’autres entités que vous ?] ?
  • Est-ce que des frais plus élevés ou un autre système de rémunération pourraient conduire à de meilleures résultats pour vous ?
  • Est-ce que la structure de frais est équitable par rapport aux autres systèmes de rémunération existants ?
  • Comment votre fournisseur de service réduit le risque de conflits d’intérêts potentiels (cette question est particulièrement pertinente dans le cas où l’intermédiaire perçoit des commissions) ?
  • Est-ce que votre fournisseur de services doit se placer sous un standard légal dans sa relation avec vous ? Si oui, lequel ? [Fiduciary ou Suitability ?]

Maintenant que nous sommes entrés dans l’ère MIF 2, il va falloir que les intermédiaires aient cette conversation avec leurs clients. Ou que les clients la leur imposent.

Sous le capot des indices

Ca faisait longtemps que je n’avais pas écrit sur les indices (ici et ). 

Ben Carlson, CFA, a comparé les ETF actions répliquant un indice large pour les principaux marchés nationaux et a regardé le poids des 10 premières valeurs dans le total.

Conclusion : le marché états-unien est le plus diversifié, les 10 premières valeurs ne représentant que 15% de la capitalisation totale. Le Japon suit (19%). Pour les autres pays, la concentration est beaucoup plus importante. A garder en tête si l’on veut prendre des positions importantes sur certains pays via des véhicules indiciels : toujours analyser l’indice, certains sont très faiblement diversifiés.

La graphique ci-dessous provient de CFA Institute, mais malheureusement l’auteur du tweet n’a pas donné plus de détails quant à la date de sa production. Il fournit les taux de rotation de plusieurs indices. Ce taux (« turnover ») représente l’activité annuelle au sein d’un indice. Un indice qui remplacerait toutes les valeurs qui le composent en un an aurait un taux de rotation de 100% (en d’autres termes, la durée de détention moyenne d’une valeur serait d’un an). S’il les remplaçait une fois tous les deux ans, il aurait un taux de rotation de 50%. Et s’il les remplaçait tous les 6 mois, son taux de rotation serait de 200%.

Plus le taux de rotation est élevé, plus le nombre de transactions à effectuer pour acheter les valeurs composant l’indice l’est aussi. Et plus les frais de transaction sont élevés.

L’indice S&P 500 (les 500 plus grandes capitalisations aux Etats-Unis) a un taux de rotation inférieur à 10% ; l’indice Russell 2000, qui comprend en plus des valeurs moyennes, a un taux de rotation supérieur à 40% ; l’indice BAML Obligations qualité d’investissement a un taux de rotation de près de 50% ; et l’indice BAML obligations haut rendement a un taux de rotation supérieur à 90%.

Avant de s’exposer à un produit indiciel, toujours soulever le capot de l’indice et l’analyser méthodiquement. 

Si la quête incessante de l’alpha n’est pas votre préoccupation première, que vous vous êtes déjà un investisseur averti et que l’evidence-based investing vous parle, je vous recommande toujours le remarquable livre d’Edouard Petit, Créer et Piloter un Portefeuille d’ETF,  dont j’ai parlé ici et que j’ai préfacé là. Edouard m’a récemment posé quelques questions pour son blog Epargnant 3.0. C’est ici.

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Quand je mentionne un livre (ou un DVD, ou un disque) dans ces colonnes, vous noterez un lien vers le site Amazon ou vers le site FNAC. Je suis adhérent aux services d’affiliation de ces deux  sites, sachez que tout achat que vous effectuerez sur le site FNAC ou le site Amazon via « mon » lien pourra donner lieu à perception d’une commission de la part de la FNAC ou d’Amazon.

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Enfin, n’hésitez pas à réagir dans la rubrique « Laisser un commentaire » à la fin de chaque article. Votre contribution ne sera publiée qu’après validation par mes soins.

Je ne suis pas habilité à donner des conseils sur les produits, ne me sollicitez pas pour cela. Si vous avez des questions, consultez un professionnel. Un conseiller (« financier » ou « en gestion de patrimoine »), c’est quelqu’un que vous payez pour qu’il.elle vous donne des conseils, pas quelqu’un qui est payé par les fournisseurs de produits pour vous vendre lesdits produits.

Ainsi se termine ma semaine Twitter 2 de 2018. A la semaine prochaine. 

Une réponse sur « Ma Semaine Twitter #2 de 2018 »

Bravo encore…
L’Econ ne l’est peut-etre pas tant que çà (irrationnel bien sûr). Ca s’appelle de la diversification. Vaut-il mieux un Euro au C…t A…e plutot que chez M…..x ? Ce n’est pas sur… (quand on dépasse le seuil de la garantie de dépot de 100.000 euros bien sur). Et avec les taux d’intérets négatifs, on peut gagner -peut être-!.
Sinon, j’achète tout de suite un ETF Ventura ou Belmondo, en complément de l’ETF Blier et ses deux parts (père et fils).

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