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Ma Semaine Twitter 50 de 2023

 2023 devait être l’année du retour de la gestion active : on verra l’an prochain ce qu’il en a été du côté des performances (mais il ne faut pas s’attendre à des miracles).

Les investisseurs européens semblent avoir voté avec leurs capitaux. A fin novembre, selon les chiffres de la collecte 2023 compilés par ETFbook et repris par Tom Eckett sur le site ETFstream, c’est une déroute pour les fonds gérés activement et un triomphe pour les fonds indiciels.

  • Fonds traditionnels gérés activement : -143 milliards de dollars.
  • Fonds traditionnels indiciels : +33,6 milliards de dollars.
  • ETP (exchange-traded products, majoritairement indiciels) : +100,3 milliards de dollars.

L’effet marché, très positif en 2023, devrait permettre aux gérants actifs de limiter la casse, mais la tendance est claire : l’indiciel à bas coûts a le vent en poupe, la gestion active est délaissée. 

Tant mieux.

Peut-être que les gérants actifs devraient baisser leurs frais pour se battre à armes moins inégales contre leurs concurrents indiciels à bas coûts.

J’ai lancé en novembre 2023 un Substack à destination des investisseurs privés, L’Odyssée des Placements. Mon objectif ? Contribuer à améliorer la littératie financière des abonné.e.s.

Le lancement est parrainé par Indexa Capital, qui commercialise en France le contrat d’assurance vie en gestion sous mandat le moins cher (j’en avais parlé ici) : Indexa Vie Spirica. Vous pourrez bénéficier sous conditions d’une remise pendant un an sur les frais d’assurance et de mandat en suivant ce lien.

J’ai déjà parlé ici du grand écrivain italien Andrea Camilleri (1925-2019) et de son personnage récurrent, le commissaire Salvo Montalbano, qui travaille dans la ville sicilienne imaginaire de Vigatà, elle-même située dans la province tout aussi imaginaire de Montelusa1.

J’ai lu la semaine dernière Le filet de protection, qui vient de paraître. L’histoire ? Peu importe, il y en a deux, parallèles, et c’est génial.

Trois extraits, pour donner envie à ceux qui n’ont pas encore la joie d’avoir lu Camilleri.

Montalbano est au restaurant avec un couple de Suédois.

Un serveur apporta l’eau, le pain et une carafe d’eau et ademanda si des hors-d’oeuvre leur feraient plaisir, et de quel genre, vu qu’on pouvait choisir entre seize compositions variées.

— Les seize nous feraient plaisir, répondit Montalbano.

Un soir, Montalbano essaie de réfléchir à l’affaire qu’il cherche à résoudre.

Il avait beau se forcer, dans sa coucourde ne s’allumait aucune lampe. Peut-être qu’avec l’âge, la vieille lampe à incandescence avait été remplacée par une autre, à basse consommation, qui avant de diffuser à plein de la lumière, avait besoin d’une heure de temps.

Finissons avec la langue de Camilleri, ou du moins celle de ses personnages, qui mélange l’italien et le dialecte sicilien2.

Ici, c’est Catarella, un des adjoints de Montalbano, qui veut passer une communication téléphonique à son patron.

Ah, dottori, il y aurait qu’il y a sur la ligne l’ingénieur Sabatobello qui voudrait parler en personne avec vosseigneurie pirsonnellement en pirsonne.

J’espère pour vous que vous avez déjà acheté vos cadeaux de Noël.

Nous avons un chat à la maison (je peux confirmer en toute connaissance de cause la première partie du tweet d’Etienne Dorsay), devrions-nous nous inquiéter ?

Vous trouvez déjà ce billet trop long ? J’ai fait la synthèse de ce qui suit dans une vidéo de moins de 3 minutes.

Vous pouvez même vous abonner à la chaîne YouTube d’Alpha Beta Blog ici.

Bienvenue dans ma semaine Twitter 50 de 2023.

Le Consumer Duty pique de plus en plus

Le Royaume-Uni n’a pas la réputation d’être tendre avec les faibles et les opprimés.

Le Royaume-Uni, c’est le pays de Margaret Thatcher, qui a réprimé férocement les syndicats, et qui a prononcé ces fortes paroles (source) :

There is no real alternative.

Pas d’alternative au capitalisme.

Ou encore 

There is no such thing [as society]3.

La société, ça n’existe pas. Il n’y a que des individus.

Le Royaume-Uni, c’est le pays de la City de Londres, un des centres névralgiques du capitalisme financier.

Depuis peu, le Royaume-Uni, c’est également le pays qui a introduit le Consumer Duty pour les fournisseurs de services financiers.

J’en ai déjà parlé ici, ici et .

Ce Consumer Duty, entré en vigueur le 31 juillet 2023, garantit en théorie que les consommateurs de services financiers reçoivent :

  • Le support dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin, afin qu’il soit aussi facile de résoudre un problème, changer de produit ou en annuler la vente, aussi facilement que pour y souscrire.
  • Des communications compréhensibles permettant de prendre les bonnes décisions. Ce qui signifie notamment que des informations importantes ne doivent pas être noyées dans de longues conditions d’utilisation difficiles à comprendre.
  • Des produits et des services qui répondent à leurs besoins plutôt qu’à ceux des fournisseurs et offrent une valeur juste (« offer fair value »). Le consommateur ne sera pas volé ou n’aura pas à payer des frais auxquels il ne s’attendait pas. Le régulateur insiste sur le fait que cette « valeur juste » n’implique pas que le produit ou le service est le moins cher, et incite les consommateurs à examiner d’autres offres.

Il semblerait que la FCA, le régulateur des marchés financiers au Royaume-Uni, soit disposée à s’assurer que les fournisseurs de services financiers ont bien compris ce qu’elle attendait d’eux, puisqu’elle vient d’écrire une lettre (une « Dear CEO » letter) aux plateformes d’investissement et aux fournisseurs de SIPP4.

Les clients particuliers de ces dernières ont un compte leur permettant de faire des transactions sur différents produits de placement et un compte espèces.

Les plateformes gagnent de l’argent en plaçant à court terme les sommes présentes sur les comptes espèces de leurs clients et en conservant tout ou partie des intérêts perçus.

Les taux d’intérêt ayant beaucoup augmenté depuis 18 mois à 24 mois, les gains des plateformes ont également augmenté. Les sommes en jeu sont conséquentes.

Pendant le seul mois de juin 2023, les 42 sociétés que nous avons analysées […] ont généré un revenu collectif de 75,3 millions de £ [86,3 millions €].

Selon la FCA, la plupart des sociétés étudiées pourraient ne pas respecter le Consumer Duty selon la façon dont elles répartissent les revenus des liquidités de leurs clients particuliers.

  • 71% d’entre elles conservent pour elles une partie des gains réalisés en plaçant les liquidités de leurs clients (de 10 à 100% des gains, avec une moyenne à 50%)
  • Parmi les plateformes qui conservent pour elles une partie des gains, 61% facturent des frais de plateforme sur les liquidités détenues pour leurs clients.
  • Il y a une grande variabilité dans la qualité des informations fournies aux clients sur la répartition des gains de placement des liquidités : ces informations peuvent être à la fois difficiles à trouver et à comprendre.
  • Les entreprises ont donné plusieurs justifications au fait qu’elles conservaient pour elles les gains de placement des liquidités de leurs clients. Les justifications les plus fréquentes sont que cette conservation des gains servaient à couvrir les frais de gestion des liquidités, ou à décourager la détention de liquidités à long terme sur la plateforme

« Bon, et alors, on n’a plus le droit de faire notre métier ? Après tous, c’est au client de lire les conditions générales, non ? Et puis, la marge d’intérêt est au coeur du métier des institutions financières, non ? »

Ben non, Consumer Duty les gars, les règles ont changé.

  • Le pourcentage élevé des gains du placement des liquidités conservé par certaines sociétés ne sont pas en ligne avec les attentes raisonnables des consommateurs, et ne dénotent pas le fait que les sociétés sont de bonne foi dans leurs agissements.
  • La rétention des intérêts par les sociétés ne fournit généralement pas une valeur juste (« Fair value ») aux consommateurs (par exemple si le montant conservé par la société est significativement supérieur aux coûts opérationnels, quand c’est la justification de la rétention).
  • L’information n’est pas fournie d’une façon qui facilite la compréhension du consommateur et peut ne pas répondre aux besoins d’information des consommateurs, elle ne leur permet pas de prendre des décisions effectives, au bon moment et en toute connaissance de cause
  • Pour toutes ces raisons, de telles pratiques sont susceptibles de causer des dommages prévisibles aux consommateurs.

La FCA est particulièrement préoccupée par les sociétés qui conservent pour elles tout ou partie de la marge d’intérêt et facturent des frais de plateforme sur les liquidités de leurs clients particuliers.

La version anglaise de : « Le beurre et l’argent du beurre », c’est le « double-dipping »5.

La FCA enjoint les sociétés qui s’adonnent aux joies du double-dipping de mettre fin à cette pratique et leur fournit quelques pistes de réflexion pour se mettre en conformité avec le Consumer Duty.

Sans prescrire quoi que ce soit, sinon le respect des principes de ce Consumer Duty.

Celles qui estimeraient être en conformité doivent écrire à la FCA pour expliquer en quoi leur politique est conforme (« Comply or explain »).

Les autres ont jusqu’à fin janvier 2024 pour détailler au régulateur les mesures à venir pour se mettre en conformité, et doivent avoir mis en application ces mesures avant fin février 2024.

Alors que l’AMF avait donné un délai de plus de trois ans et demi aux sociétés de gestion pour continuer à exploiter les détenteurs de fonds facturant des commissions de mouvement, à hauteur d’environ 500 millions d’euros par an.

Annoncée en mai 2022, l’interdiction effective de cette honte nationale n’interviendra en effet que le 1er janvier 2026.

Où le plus libéral n’est pas celui qu’on croit.

Comment réussir l’impossible

2022 avait été une annus horribilis pour les investisseurs, tant en actions qu’en obligations.

En revanche, 2023 (jusqu’à aujourd’hui du moins) est une année faste pour les marchés financiers : les grands indices boursiers sont presque tous en hausse.

Même l’obligataire a retrouvé des couleurs, la forte hausse des taux semblant avoir pris fin. Voici la performance de quelques indices obligataires en 2023, à fin novembre (source : Fidelity).

Josh Brown, qui dirige Ritholtz Wealth Management, un RIA (registered investment advisor) aux Etats-Unis, vient de mettre fin à son blog historique, The Reformed Broker, pour lancer Downtown Josh Brown.

Selon lui, il était très difficile de perdre de l’argent sur les marchés en 2023, mais ça n’était pas impossible. Il a identifié cinq méthodes.

1. Multiplier les transactions : cette méthode marche assez fréquemment, mais était particulièrement efficace en 2023. En effet, il y a eu deux corrections (en mars, au moment de la mini-panique liée aux difficultés de quelques banques régionales aux Etats-Unis, et sur la période allant d’août à octobre, caractérisée par des inquiétudes sur l’impact de la hausse des taux) et ce n’est qu’en fin d’année que les plus hauts ont été touchés. Autant d’occasions de faire des transactions perdantes.

2. Suivre l’argent des riches (« smart money ») : il est tentant de suivre les conseils de fondateurs de hedge funds multimilliardaires, mais c’est rarement une bonne idée. Il est tout aussi tentant de suivre les conseils d’individus ayant eu raison une fois (bravo à eux) et devenus très populaires grâce à la magie du cinéma. Comme Michael Burry, qui gagna beaucoup d’argent à l’occasion de la débâcle des subprimes, histoire racontée dans The Big Short, film adapté du livre de Michael Lewis, Le casse du siècle. Si Michael Burry/Christian Bale dit quelque chose, il a forcémen raison, non ? Ben non. En 2023, Burry a fait un pari massif (à hauteur de 90% de la valeur du portefeuille de son fonds) sur la baisse du S&P 500 (source). Pas de chance, le marché a monté. L’aura de Burry lui ouvre les portes de médias avides de célébrités — génératrices d’audience et de clics — qui n’ont aucune responsabilité vis-à-vis de leurs lecteurs.

3. Ecouter les charlatans : l’actuel prince des charlatans selon Brown s’appelle Robert Kiyosaki, qui vit depuis 25 ans de l’immense succès rencontré en 1997 par son livre Rich Dad, Poor Dad. Ce livre a été traduit en français — ce qui n’est pas très bon signe — sous le titre Père riche, père pauvre. Le fonds de commerce de Kiyosaki ? Prédire régulièrement l’apocalypse en bourse. Evidemment, quand la bourse monte, le conseil n’est pas judicieux. 3 exemples de tweets émis en 2022 et 2023 par un individu éminemment dérangé, suivi sur Twitter par 2,4 millions d’abonnés.

4. Trader des options : ah, les produits dérivés, ces armes financières de destruction massive selon Warren Buffett. En tout cas quand elles sont utilisées par des profanes. Il se trouve que les profanes se sont entichées d’une forme d’options particulièrement spéculatives, puisqu’elles expirent dans la journée : les 0DTE (zero days to expiration options). Qu’en pense Brown ?

Laissez-moi vous rappeler que je connais les types qui vous vendent les manuels de trading d’options et les cours en ligne. Je les ai vus de près. Je ne vous dit pas qu’il ne faut pas le faire, je dis seulement que vous devez vous demander ce qui se cache derrière quelqu’un qui vous apprend comment devenir riche et le rester pour vingt dollars par mois. Si vous êtes vraiment déterminé à passer le temps qui vous reste sur terre devant un écran d’ordinateur, bien sûr que vous pouvez trader des options. Mais n’y allez pas avec des attentes absurdes.

5. Etre obsédé par la macro : selon Brown,  » les pontes de la macro ont commencé l’année en étant presque tous baissiers, et le sont devenus de plus en plus pendant l’été. Pas tous, mais presque. Et pour de bonnes raisons. Ils ne sont pas stupides, ils avaient seulement tort. Qui parmi nous n’a pas eu tort ? » Brown suggère de laisser le jeu des prédictions macro aux professionnels et de ne pas les écouter.

Miroir, ô mon beau miroir

C’est la saison des prédictions des gérants d’actifs pour l’an prochain, qui prennent la forme de rapports illustrés de graphiques, agrémentés de vérités premières, répondant au joli nom d’Outlooks.

Ils sont inutiles, car vous n’allez pas modifier la composition de votre portefeuille en fonction de ce que BlakcRock ou Amundi a prédit pour 2024.

A côté de ces « Outlooks » pour l’année suivante, il y a un autre exercice imposé pour les consultants spécialisés dans la gestion d’actifs : l’Outlook de long terme.

A chacun son horizon de prédiction : à très court terme pour le gérant d’actifs, à long terme pour le stratège que se pique d’être le consultant.

L’outlook de court terme permet aisément de confronter la prédiction à la réalité : il suffit d’attendre 12 mois.

C’est plus difficile pour l’outlook de moyen terme.

PwC vient de publier le sien pour la gestion d’actifs à horizon 2030, et je peux vous garantir que personne ne viendra leur demander des comptes en 2030. 

Les perspectives de moyen terme des consultants ne sont pas plus utiles que les prédictions de court terme des gérants d’actifs, mais elles permettent de meubler une semaine Twitter un peu légère en actualités.

Quant au document de PwC, il n’est pas pire que tous les autres.

J’ajoute que je lis religieusement la prose des consultants : j’y trouve parfois des informations intéressantes et le sabir utilisé arrive encore à me faire rire6.

Voici donc les cinq prédictions de PwC pour l’industrie de la gestion d’actifs Etats-Unis à horizon 2030.

 

Prédiction 1
Les fonds indiciels vont représenter 58% des encours totaux de la gestion d’actifs aux Etats-Unis, contre 22% en 2022.

Prédiction 2
Nous nous attendons à ce que 20% des gérants d’actifs existants aujourd’hui soient rachetés ou disparaissent d’ici à 2030.

Prédiction 3
Les frais courants combinés des fonds gérés activement et indiciels vont baisser de 19% d’ici à 2030.

Prédiction 4
Les gérants d’actifs géants vont représenter 65% des encours des fonds d’ici à 2030, contre 55% en 2020.

Prédiction 5
La croissance annualisée des encours des fonds sera de 6% entre 2022 et 2030, quand ils atteindront 38 milliards de dollars, contre 7,4% entre 2010 et 2022.

Ne vous avais-je pas dit que ces prédictions étaient à peu près inutiles ?

Heureusement qu’il y a des recommandations stratégiques de PwC, illustrées et détaillées. Voici l’illustration.

Voici les détails.

Je vous le donne en mille (italique ajouté par mes soins sur les clichés) :

Les changement dans les attentes des parties prenantes créent à la fois des challenges et des opportunités pour les gérants d’actifs.

Eh oui. Les gérants d’actifs vont donc devoir s’adapter. Autour de quatre piliers.

Positionnement stratégique : les sociétés de gestion devraient se concentrer sur leurs compétences clés, les tendances du secteur allant déterminer les fusions et acquisitions, l’externalisation et l’évolution des gammes de produits.

Transformation technologique : les progrès technologiques continueront d’impacter significativement la gestion d’actifs, notamment les produits, le conseil et la distribution.

Personnel : les sociétés de gestion vont devoir modifier la façon dont elles attirent et fidélisent les talents. Elles devront offrir des modalités de travail flexible, des salaires compétitifs, des tâches épanouissantes et des trajectoires de carrière multiples.

Innovation produit : les sociétés de gestion devraient créer plus de produits répondant aux attentes nouvelles des investisseurs, notamment ceux qui sont prêts à prendre plus de risque, qui ont des attentes en matière d’ESG ou qui préfèrent une expérience à forte dimension technologique.

Parfois, en lisant de tels documents, je me dis qu’on pourrait remplacer le secteur par n’importe quel autre, changer un ou deux mots, et que ça fonctionnerait presque aussi bien. 

Je devrais être consultant, je suis doué en copier/coller et en réécriture.

Il pleut des outlooks

Je ne suis pas à une contradiction près : je pense sincèrement que la lecture des outlooks peut être nuisible à votre portefeuille, si vous suivez certaines recommandations.

Mais je confesse qu’il m’arrive d’en lire quelques-uns, parce que j’y glane des informations intéressantes.

Je sais que certains d’entre vous en écrivent, en lisent, doivent en écrire, doivent en lire.

Et comme je pense à vous à l’approche de Noël, voici, grâce à un compte Twitter, une énorme liste d’outlooks produits par des banques et des gérants d’actifs prestigieux.

Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

Je vous laisse faire votre shopping, je me contente de reprendre ici les outlooks de quatre géants du private equity, qui sont partis à l’assaut du marché des particuliers avec un storytelling séduisant, irrésistible et parfois incroyablement mensonger.

Leurs outlooks sont redoutablement bien écrits.

Ah, j’invite les bons connaisseurs du secteur (c’est nécessaire pour saisir toutes les allusions) à visionner ce film publicitaire absolument surréaliste et hilarant de Blackstone, dont j’ai appris l’existence grâce aux excellents journalistes de FT Alphaville.

La vidéo, donc.

Pour Noël, offrez-vous l’excellent livre de Sebastian Mallaby sur l’histoire du venture capital, The Power Law.

Des nouvelles du #H2Ogate

Avertissement : j’assiste depuis novembre 2022 l’Association Collectif Porteurs H2O dans le cadre d’une mission rémunérée (détails ici). Cette mission, suspendue depuis avril 2023, est susceptible de redémarrer. A vous de déterminer si elle influe sur ma couverture de l’affaire H2O AM sur ce blog.

Le 18 décembre 2023 à 15 heures, les valeurs mensuelles estimatives des malheureuses side-pockets étaient toujours celles de fin octobre.

Il faudra attendre encore un peu pour savoir s’il y aura un cadeau de Noël de la part de Lars et Bruno.

Soit un cadeau plaisant (pourquoi pas un nouveau remboursement ?), soit un cadeau déplaisant (une nouvelle baisse de la valeur estimative), soit un cadeau neutre (stabilité des valeurs estimatives).

Je continue malheureusement de penser que la valeur résiduelle des side-pockets est de zéro et qu’il va bien falloir en convenir un jour prochain.

Depuis la scission des 7 fonds sinistrés de H2O AM, il est très difficile de reconstituer la performance des « vieux » fonds d’avant la scission.

Je me livre à l’exercice en calculant une valeur liquidative reconstituée, égale à la somme de la valeur liquidative des « nouveaux » fonds liquides (FCP à la fin du nom) et de la valeur liquidative mensuelle estimative des side-pockets.

Cette valeur liquidative reconstituée est une fiction, car aucune transaction n’est possible sur les side-pockets.

Mais elle permet de voir où en sont les porteurs de parts. Notamment par rapport au plus-haut historique atteint par les « vieux » fonds avant qu’ils ne heurtent des icebergs et fassent naufrage en février et mars 2020.

Autre limite de l’exercice : rien ne dit que les porteurs de parts récupèreront l’équivalent de la dernière valeur liquidative estimative des side-pockets. On ne le saura que quand toutes les participations illiquides auront été revendues au seul acheteur, Tennor, la holding de Lars Windhorst.

Ou plus exactement au fur et à mesure du remboursement par Tennor de la « first super senior secured note » (FSSSN) émise par Tennor, portant intérêt au taux annuel de 4,5% et prévoyant la possibilité de remboursements intermédiaires. Je rappelle (j’en avais parlé ici) que le remboursement total était initialement prévu début 2022. Les créanciers de Tennor, pour éviter la mise en liquidation de la société imposée par un tribunal néerlandais, ont consenti un délai supplémentaire de 6 mois (soit un remboursement début juillet 2022).

Je rappelle aussi que, comme de bien entendu, il n’y a eu aucun remboursement entre juillet et décembre 2022 de la part de Tennor.

Début janvier 2023, H2O AM a laissé entendre dans un communiqué sybillin que Tennor avait procédé fin 2022 à un premier remboursement partiel susceptible de permettre de diminuer le nominal de la FSSSN de 250 millions d’euros.

En fait de 250 millions, ce sont 144 millions qui ont été remboursés d’après mes calculs.

Par ailleurs, un porte-parole de Tennor avait déclaré début janvier au quotidien régional allemand Westfallen-Blatt que la holding de Lars Windhorst avait procédé en 2022 à plusieurs remboursements partiels de la FSSSN, dont un fin 2022 pour solde de tout compte.  

Après avoir cessé pendant des mois de mettre à jour la valeur estimative mensuelle de side-pockets, bloquée à fin février 2023, H2O AM a dû se résoudre le 12 septembre 2023 à la baisser pour les 7 fonds.

Puis de nouveau en octobre pour les valeurs estimatives à fin septembre.

Et pas qu’un peu : on passe d’une valorisation estimée de 945 millions d’euros à fin février à 301 millions d’euros à fin septembre. 644 millions d’euros sont partis en fumée.

Entre la valorisation initiale d’octobre 2020 et celle de octobre 2023, compte tenu du remboursement de janvier 2023, la moins-value latente sur les 7 side-pockets est de plus de 1 milliard 196 millions d’euros d’après mes calculs. 

Pour les fonds liquides, voilà où on en est au 14 décembre 2023 (date de la VL des fonds liquides dont le nom se termine par « FCP », la dernière valeur liquidative mensuelle estimative des side-pockets étant en date du 31 octobre 2023). J'ai ajouté à la VL reconstituée le montant de la distribution du 23 janvier 2023.

En matière de décollecte, voilà où on en est. On est maintenant au-delà de 5,9 milliards d'euros de rachat. En route vers les 6 milliards ?

En matière de performance, voilà où on en est.

Les produits dont il a été question dans ma semaine Twitter 50 peuvent être achetés en priorité chez votre libraire (pour les livres).

Sinon, si vous n’avez vraiment pas accès à un libraire, ou pour les livres en anglais, parfois plus difficiles à se procurer en librairie en France, vous pouvez cliquer sur les liens ci-dessous (informations sur le programme d’affiliation Amazon ici).

Vous pouvez suivre le compte Twitter d’Alpha Beta Blog ici et mon compte en anglais .

N’hésitez pas à réagir dans la rubrique « Laisser un commentaire » à la fin de chaque article. Votre contribution ne sera publiée qu’après validation par mes soins.

Je ne suis pas habilité à donner des conseils sur les produits de placement : ne me sollicitez pas pour cela car je ne vous répondrai pas.

Si vous avez des questions, consultez un conseiller en investissement financier. Un conseiller en investissement financier, c’est quelqu’un que vous payez pour qu’il.elle vous donne des conseils. Dans le jargon de MIF 2, seul le conseiller exclusivement payé par ses clients peut se déclarer indépendant.

Quelqu’un qui est payé par les fournisseurs de produits pour vous vendre lesdits produits, c’est un vendeur, pas un conseiller.

Comment trouver un conseiller en investissements financiers (CIF) indépendant au sens de MIF 2 ? C'est à peu près mission impossible : le site de l'ORIAS, qui est l'organisme auprès duquel s'enregistrent les CIF, ne permet pas de rechercher selon les critères "indépendant" ou "non-indépendant". Pas plus que ne le permettent les sites des 4 associations de CIF agréées par l'AMF. C'est affligeant et scandaleux.

C’était ma semaine Twitter 50 de 2023. Sayōnara. さようなら.

Illustration : Image extraite de Blanche-Neige et les sept nains de Walt Disney (1937)

  1. Un très beau billet sur Vigatà sur le site d’Orizzonte.
  2. Le traducteur de Camilleri en français est Serge Quadruppani.
  3. La citation complète : « I think we have gone through a period when too many children and people have been given to understand ‘I have a problem, it is the Government’s job to cope with it!’ or ‘I have a problem, I will go and get a grant to cope with it!’ ‘I am homeless, the Government must house me!’ and so they are casting their problems on society and who is society? There is no such thing! There are individual men and women and there are families and no government can do anything except through people and people look to themselves first. » Source.
  4. Self-invested personal pension, c’est un produit similaire dans l’esprit au plan d’épargne retraite en France.
  5. C’est un peu comme les scélérates commissions de mouvement en France.
  6. Exemple : « For mutual fund managers to be future-fit, they’ll need to address several issues. »

2 réponses sur « Ma Semaine Twitter 50 de 2023 »

Bonjour,
Je pense qu’il y a une coquille dans vos chiffres publiés en introduction. Ce n’est pas +143 Mds $, moins -143 Mds de Fonds traditionnels gérés activement.
Cordialement

Quel incroyable acte manqué de ma part ! Vous avez parfaitement raison, la débâcle des fonds gérés activement mérite bien un signe moins, et le triomphe des ETF un signe plus. J’avais tout simplement inversé, j’appelle immédiatement mon psy ! Un grand merci.

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